LA PHILANTHROPIE ET LES COMMUNAUTÉS NOIRES DU QUÉBEC
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Dans cet épisode du podcast L’Observatoire vous parle, animé par Cyrille Ekwalla, Belinda Bah (Observatoire des Communautés Noires du Québec), Catherine Fisette (Fondation du Grand Montréal – Signes vitaux) et Linda Tchombé (ex-FGM, aujourd’hui Fondation de la Rue des Femmes) discutent de la philanthropie des communautés noires au Québec : sa perception, ses pratiques et les pistes d’action issues d’une étude publiée dans le cadre des Signes vitaux du Grand Montréal.
Le point de départ est un constat : dans l’imaginaire collectif, le “philanthrope” ressemble encore à un prototype (souvent un homme, blanc, fortuné). Cette représentation rend la philanthropie noire peu visible et contribue à un phénomène interne : beaucoup de personnes noires ne se reconnaissent pas comme philanthropes, alors qu’elles donnent du temps, de l’argent et des biens de multiples façons. Linda insiste : l’enjeu n’est pas un manque de générosité, mais une invisibilisation liée aux codes dominants et au fait que le mot “philanthropie” ne correspond pas toujours aux références culturelles. Belinda Bah rappelle qu’ailleurs, on parle plutôt de logique communautaire (ex. Ubuntu) : contribuer est un geste normal de solidarité, pas un statut.
Les invitées expliquent ensuite la démarche : une méthodologie participative (mise en place d’un groupe de travail au printemps 2024) puis un volet quantitatif (sondage) et qualitatif (entrevues) pour comprendre les pratiques réelles derrière les chiffres. Un résultat-clé illustre le décalage : 87,9 % des répondants avaient donné dans l’année, mais une personne sur deux seulement se disait philanthrope. Pourquoi ? Parce que de nombreuses contributions sont informelles et rarement comptabilisées : entraide directe, mentorat, bénévolat, dons de biens (nourriture, vêtements), soutien religieux, et surtout transferts vers le pays d’origine ou vers la famille — des dons sans reçu, sans reconnaissance institutionnelle, mais parfois importants au regard du revenu.
Catherine Fisette souligne une conclusion structurante : il y a une absence criante de données sur cette philanthropie, ce qui empêche sa pleine reconnaissance et limite les politiques ou pratiques adaptées. Belinda Bah relie aussi le sujet à la question du “recevoir” : des travaux antérieurs montrent une sous-représentation des organisations dirigées par des Noirs dans les dons des grandes fondations. Parmi les freins évoqués : ressources financières limitées, méfiance quand la transparence est perçue comme insuffisante, et, côté organismes, tensions d’accès au financement (information, réseaux, compréhension des codes de l’écosystème).
Enfin, toutes convergent sur l’impact d’une reconnaissance réelle : changer les perceptions, élargir l’idée même de philanthropie (au-delà du “gros chèque”), mobiliser davantage de moyens, et surtout redonner du pouvoir aux personnes et aux communautés. Se dire philanthrope, c’est s’approprier un terme valorisé socialement, et assumer une contribution déjà réelle à la société québécoise. L’épisode se termine sur un appel à poursuivre le dialogue (notamment via un rendez-vous public annoncé par la FGM) et sur une idée directrice : reconnaître la philanthropie des communautés noires, c’est reconnaître une force collective de solidarité, de dignité et d’autodétermination, et bâtir un écosystème philanthropique plus juste et représentatif du Québec d’aujourd’hui.
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