Qui n’a jamais rêvé d’avoir un aimable lutin protégeant sa maison, effectuant les menus travaux à sa place ? Ce sera notre sujet du jour : les innombrables créatures de la famille des « lutins ».
Merci d’écouter La Communauté des Invisibles ! Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux quinze ouvrages, répartis entre quatre sagas.
Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).
La définition du lutin est plus floue que celle des fées : c’est un petit bonhomme, lié à une force surnaturelle. Et cette fois, on peut sans mentir catégoriser de « lutin » des créatures venant d’Australie, d’Amérique ou d’Afrique, ce qui tend à prouver qu’elles émanent toutes d’un mythe très ancien, bien que ceux d’Europe – comme les fées – aient surtout été définis en rémanence des croyances traditionnelles, dénaturées par le prisme de la christianisation.
Le lutin au sens propre, le seul et l’unique, est français : une créature d’eau au long nez, qui peut sentir l’or et les pierres précieuses. Elle les extrait et les place dans un chaudron au pied d’un arc-en-ciel et, si on l’attrape, on peut exiger son trésor. Ou trois vœux. C’est la légende, du moins, et elle s’est répandue dans les autres contrées d’Europe de l’Ouest.
Au même rayon, nous avons le farfadet, ou gripet, ou felteu. Lui est plutôt issu des bois, c’est un farceur avec les adultes, mais il est serviable envers les enfants et joue souvent avec eux.
Et le korrigan breton, à l’aspect en partie animal, toujours mal luné mais rarement dangereux.
L’Irlande exporte aussi son leprechaun, lutin rouquin vêtu de vert, avec un trèfle à quatre feuilles à la boutonnière, qui lui permet de manipuler la chance.
Mon préféré, c’est le brownie, le lutin artisan. Il loge sous les chaumières et, contre un salaire de lait ou de sucreries, sortira la nuit pour réparer, recoudre ou encore cuisiner ce qui aura été laissé en évidence sur la table à manger. Mais gare à ceux qui tenteraient de les surprendre en plein ouvrage ! Et naturellement, ils sont à l’origine du gâteau qui porte leur nom.
Il existe des équivalents aux brownies tout autour du monde ! Les menehune à Hawaii, bien que ceux-ci vivent en forêts et soient assez farouches. Les kotihaltija en Finlande. Les mamarroak au Pays basque. Et ainsi de suite.
Parmi les « lutins » domestiques, nous recensons aussi le domovoï. Naguère habitant des bois, il s’est installé dans le poêle des maisons russes et empêche d’entrer les forces maléfiques, si on pense à le nourrir. Il pourra aussi effectuer quelques travaux.
Sa cousine, la vieille drioma, s’infiltre dans les isbas au milieu de la nuit, borde les enfants, leur chante des berceuses et leur procure de doux rêves. Mais elle distribue aussi des cauchemars aux adultes qui n’ont pas la conscience tranquille…
Le tomte scandinave possède des caractéristiques ressemblant au domovoï (logique : les Russes descendent des Nordiques) et d’autres au brownie.
Nous avons effleuré le sujet, mais un épisode n’y suffit pas : je vous incite donc à rester à l’écoute, nous reviendrons bientôt sur les lutins dont je n’ai pas eu l’occasion de parler.
Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish
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