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Written by: Premier Regard
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Découvrez une autre facette de l’actualité. Premier Regard montre ce qui reste hors champ : enquêtes inédites, scandales méconnus, informations passées sous silence. Chaque épisode décortique une histoire cachée à l'ombre des gros titres. Parce qu'il 'y a toujours plusieurs versions pour une même histoire.

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Hugo Noirtault
Political Science Politics & Government Social Sciences
Episodes
  • Somaliland : LE « nouveau » pays stratégique d’Afrique ?
    Feb 22 2026

    Le 26 décembre dernier, une annonce venue de Tel-Aviv a pris de court diplomates et observateurs du monde entier. Israël a officiellement reconnu l’indépendance du Somaliland. Un geste historique, car cet État de la Corne de l’Afrique, qui s’est proclamé indépendant en 1991, n’avait jusqu’ici jamais été reconnu par un pays souverain.

    Sur le terrain pourtant, le Somaliland fonctionne depuis plus de trois décennies comme un pays indépendant. Ce territoire de 4,5 millions d’habitants dispose de sa propre Constitution, d’une armée, d’une monnaie et d’institutions politiques relativement stables. Une situation qui contraste fortement avec celle de la Somalie, dont il s’est séparé après une guerre particulièrement violente à la fin des années 1980, souvent décrite comme ayant des caractéristiques génocidaires.


    Aujourd’hui encore, la Somalie fédérale reste fragilisée par des attaques régulières menées par le groupe islamiste Al-Chabaab et par la branche locale de l’organisation État islamique. L’insécurité et la corruption y demeurent très élevées. À l’inverse, le Somaliland s’est forgé la réputation d’un territoire relativement pacifique et démocratique dans une région instable.


    Pour de nombreux habitants, cette reconnaissance constitue un espoir d’ouverture vers le monde. Car les bénéfices potentiels sont considérables. Une reconnaissance internationale plus large permettrait au Somaliland d’obtenir l’acceptation officielle de ses passeports, facilitant les déplacements de ses citoyens. Elle ouvrirait également l’accès aux systèmes bancaires internationaux et aux financements d’institutions comme la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international, essentiels pour financer les infrastructures et le développement économique.


    Pour l’instant, Israël reste seul. Les États-Unis, malgré des discussions exploratoires, n’ont pas officiellement suivi cette décision. Selon certaines informations, des responsables américains ont récemment étudié les côtes du Somaliland en vue d’une possible implantation militaire, sans qu’aucune annonce officielle n’ait été faite. Cette reconnaissance israélienne a en revanche suscité une vive opposition. L’Union africaine, l’Égypte, la Turquie et plusieurs pays membres de l’Organisation de la coopération islamique ont réaffirmé leur attachement à l’intégrité territoriale de la Somalie. Pour ces États, reconnaître le Somaliland reviendrait à fragiliser un principe fondamental du droit international : celui de l’intangibilité des frontières héritées de la décolonisation.


    La position stratégique du Somaliland constitue un facteur déterminant. Ses côtes bordent le golfe d’Aden, face au Yémen, à proximité du détroit de Bab el-Mandeb — un passage maritime crucial reliant la mer Rouge au canal de Suez. Cette zone est essentielle pour le commerce mondial et pour la sécurité maritime israélienne. Une présence alliée dans cette région offrirait un avantage stratégique face aux rebelles houthis au Yémen et à l’influence croissante de la Turquie.


    Pour le Somaliland lui-même, les conséquences restent incertaines. À court terme, cette reconnaissance renforce la légitimité du gouvernement et nourrit l’espoir d’une reconnaissance internationale plus large. Mais elle comporte aussi des risques. Le groupe Al-Chabaab, qui avait jusqu’ici relativement épargné le Somaliland, pourrait considérer ce rapprochement avec Israël comme une provocation. Cette décision place donc le Somaliland à un tournant historique. Entre opportunité diplomatique et pari stratégique risqué, l’avenir de ce territoire dépendra désormais de la réaction du reste du monde — et de sa capacité à transformer cette reconnaissance symbolique en véritable reconnaissance internationale.

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  • Effondrement imminent pour « le glacier de l’apocalypse » ?
    Feb 19 2026

    Il porte un surnom qui sonne comme une menace : le « glacier de l’apocalypse ». Son nom scientifique, lui, est plus discret : Thwaites. Mais ce gigantesque glacier de l’Antarctique est aujourd’hui au cœur d’une inquiétude mondiale. Car s’il venait à s’effondrer, ses conséquences pourraient redessiner les côtes de la planète.


    À lui seul, ce glacier contient suffisamment d’eau pour faire monter le niveau des océans de plus de 60 centimètres. Et dans un scénario plus extrême, son effondrement pourrait déclencher une réaction en chaîne impliquant l’ensemble de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental. Dans ce cas, la hausse des mers pourrait atteindre jusqu’à 4,5 mètres sur plusieurs siècles. Une perspective qui mettrait en danger des dizaines de millions de personnes vivant dans des zones côtières. Ce qui inquiète les scientifiques, ce n’est pas seulement sa taille — comparable à celle de la Floride — mais la vitesse à laquelle il se dégrade.


    La longueur totale des fissures a doublé en vingt ans, passant d’environ 160 kilomètres à plus de 320 kilomètres. Ces fractures apparaissent notamment dans une zone appelée « zone de cisaillement », une région où les contraintes mécaniques sont particulièrement fortes. Résultat : la structure du glacier devient de plus en plus instable. Mais le danger ne vient pas seulement de la surface. Sous la glace, invisible à l’œil nu, un autre processus est à l’œuvre. Une autre étude révèle que les eaux océaniques plus chaudes s’infiltrent sous le glacier, provoquant une fonte accélérée. Ce phénomène peut évoluer rapidement, parfois en quelques jours seulement. Des courants tourbillonnants, appelés « eddies », larges de plusieurs kilomètres, creusent littéralement la base du glacier.


    Selon une étude récente, un effondrement total dans les prochaines décennies reste peu probable. Mais les chercheurs estiment que le recul va continuer, et probablement s’accélérer tout au long du XXIᵉ et du XXIIᵉ siècle. Les conséquences seraient globales. Montée des océans, submersion de zones côtières, déplacements de populations. Et surtout, un effet domino possible sur d’autres glaciers de l’Antarctique. Face à ce risque, les scientifiques sont clairs : la meilleure solution reste la réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre. Autrement dit, limiter le réchauffement climatique pourrait ralentir ce processus et éviter le pire. Car le glacier Thwaites n’est pas seulement une masse de glace isolée, perdue au bout du monde. C’est un indicateur. Un signal d’alarme. Et peut-être l’un des premiers témoins visibles des transformations profondes en cours sur notre planète.

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  • Interpol détourné par les pays les plus répressifs ?
    Feb 17 2026

    Interpol. Un nom qui évoque les grandes traques internationales, les criminels arrêtés à l’autre bout du monde, les réseaux démantelés grâce à une coopération policière sans frontières. Créée il y a plus d’un siècle, l’organisation regroupe aujourd’hui 196 pays et joue un rôle clé dans la lutte contre le terrorisme, le narcotrafic, la traite d’êtres humains ou la cybercriminalité. C’est notamment grâce à cette coopération que des figures comme Radovan Karadzic et Ratko Mladic, responsables du génocide de Srebrenica. Mais derrière cette image d’élite mondiale de la police, une enquête fondée sur une fuite massive de documents internes, révélée par Disclose et la BBC, décrit une réalité beaucoup plus troublante. Selon cette enquête, les outils d’Interpol sont régulièrement détournés pour poursuivre non pas des criminels, mais des opposants politiques, des journalistes, ou des militants.


    Au cœur du problème : les fameuses « notices rouges ». Ces fiches permettent à un État membre de demander l’arrestation d’une personne dans n’importe quel pays participant au réseau, en vue d’une extradition. Officiellement, ces demandes sont strictement encadrées. Les statuts d’Interpol interdisent explicitement toute intervention dans des affaires politiques, militaires, religieuses ou raciales. En pratique, pourtant, les abus sont nombreux.


    Aujourd’hui, 86 000 notices rouges sont actives, mais moins de 10 % sont publiques. Cela signifie que la grande majorité des personnes visées ignorent qu’elles font l’objet d’un avis de recherche international. Beaucoup ne le découvrent qu’au moment le plus brutal : lors d’un contrôle de police ou à un passage de frontière, parfois dans des pays démocratiques. Selon les documents révélés par l’enquête, la Russie arrive en tête des pays ayant le plus de notices rouges en circulation, suivie par de nombreux États autoritaires. Sur les trente pays les plus actifs, vingt sont considérés comme non démocratiques.


    La Russie illustre l’ampleur des dérives. Sur 194 dossiers liés à Moscou examinés en 2024, près de la moitié ne respectaient pas les règles d’Interpol. Face à ces abus, la Russie avait été placée sous surveillance renforcée en 2022. Mais selon les informations révélées par l’enquête, ces mesures ont récemment été assouplies, sans explication publique. D’autres pays sont également pointés du doigt. La Chine est accusée d’utiliser le système pour traquer des dissidents politiques ou des membres de la minorité ouïghoure. Le Tadjikistan aurait ciblé des opposants en exil sous couvert de lutte antiterroriste. Et la Turquie, selon une note interne datée de 2025, continue de poser des « défis » importants à l’organisation. Les dérives ne se limitent pas aux notices rouges. Certains États exploitent aussi d’autres outils d’Interpol. Par exemple, la Russie aurait utilisé le système de messagerie interne pour localiser des opposants à l’étranger. La Biélorussie, elle, aurait détourné la base de données des véhicules volés. En 2024, l’opposante Veronika Tsepkalo a été arrêtée à une frontière européenne parce que sa voiture figurait dans ce fichier. Deux mois plus tard, Interpol a retiré 83 véhicules liés à la Biélorussie, reconnaissant implicitement des anomalies.

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