• 1968 : "Tu es numéro 1 au hit parade", Marc Aryan
    Jan 26 2026
    Et "Tu es numéro 1 au hit parade" va clairement s’impose comme l’un des plus grands slows romantiques de l'année. Une chanson simple, directe, sentimentale… et un peu addictive, aussi.

    En 1968, Marc Aryan a déjà 42 ans. Né dans une famille arménienne du côté de Valence, c'est en Belgique qu'il va poser ses valises en 1963, à Waterloo, mais avant cela, en 1954, il crée un magasin de disques à Valence, histoire de se rapprocher de sa passion, la musique. Ce point de vente, il va même le revendre et se faire un petit pactole.

    Très jeune déjà, il se passionnait pour la littérature, écrivant des poèmes et des chansons. Il apprend le piano, le solfège, l’harmonie et le contrepoint. Et ses études passent un peu au second plan. Sa santé est fragile. Ce sera donc la musique ou RIEN.

    En 1967, premier grand succès, un prénom, Katy...

    En 1968, son album marche bien. Marc Aryan est en pleine gloire. Il continue d’enregistrer des chansons en français, mais aussi en italien, en espagnol ou encore en turc et en arménien. Durant l'été 1967, sortie de son deuxième 33 tours, intitulé "Volage…Volage", un album qui va l'emmener pour une tournée en URSS l’année suivante. L'année suivante, justement, "Tu es numéro 1 au hit parade" sort en janvier et fait un carton.

    Chez Marc Aryan, tout est artisanal : il va lui-même démarcher les radios...

    N'empêche, ça marche. D'ailleurs, avec le pactole que lui rapporte sa musique sans intermédiaire, il fonde le studio Katy à Ohain, un an plus tard. C'est là qu'il va enregistrer ses futurs albums.

    Et c'est précisément dans ce studio que Marvin Gaye enregistrera "Midnight Love", son dernier album. Autre jalon : Patrick Hernandez enregistrera le titre disco "Born to Be Alive" lui aussi dans le studio Katy. Autant de numéros 1 au hit parade du cœur de tous les Brabançons et... de tous les Belges...
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  • 1979 : Gotainer dynamite le couscous de Saupiquet
    Jan 23 2026
    À 13 ans, le père de Gotainer lui offre un magnétophone. C’est une révélation. Richard passe son temps enfermé dans sa chambre, à enregistrer des histoires, à bidouiller des bruitages et à inventer des fausses publicités (déjà).

    Publicitaire malgré son bac philo, c’est ça qu’il veut faire comme métier. Il renonce donc à ses études et part à la conquête des agences.

    Il est engagé à la J.Walter Thomson comme rédacteur débutant.

    Le problème, c'est que cette agence est très « lessivière » (disons conventionnelle). Ses collègues sont assez peu sensibles aux sons farfelus du jeune créatif. Il est donc renvoyé pour mauvais esprit.

    En 1974, il crée avec Jacques Gaudillat (lui aussi renvoyé) l'agence de publicité "Gatkess". Elle va se spécialiser dans les spots pour la radio. Et pour la télé, même recette, il faut que ça chante. Exemple de slogan musical : "Buvez éliminez"...

    Banga, Belle des champs, c'est lui. On se lève tous pour Danette, c'est lui. Mais, en ce 11 mars 1979, c'est une marque de couscous qui fait appel à lui et ne va pas le regretter. On découvre alors sur nos écrans ce qui serait totalement impossible à reproduire aujourd'hui. Je vous laisse savourer ce morceau d'anthologie. Même sans image, vous allez reconnaître les paroles, vous allez reconnaître l'époque et vous allez même chanter avec Richard Gotainer…

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  • 1972 : les débuts de l'émission "Des chiffres et des lettres"
    Jan 22 2026
    À l’animation, Patrice Laffont. C'est la première, vous allez l'entendre, il est un peu nerveux...

    Autour de lui, des figures qui vont devenir familières : Max Favalelli, le gardien du mot juste, et bientôt Monsieur Calcul, pour ce que l’on appelle déjà le compte est bon.

    Mais ce jeu n’est pas né en 1972.

    Son histoire commence bien plus tôt.

    Retour en 1965.

    Sur la deuxième chaîne de l’ORTF, en noir et blanc, le producteur Armand Jammot lance une émission au titre explicite : Le Mot le plus long. On est le 19 septembre 1965. L’émission est diffusée le dimanche midi, et animée par Christine Fabréga.

    À l’époque, il n’y a que des lettres.

    Sept lettres tirées au hasard. Deux candidats. Un mot à trouver.

    Une télévision de service public qui assume pleinement sa mission (et qui la revendique, même) : cultiver en divertissant.

    En 1968, le rendez-vous devient hebdomadaire.

    Le jeu s’installe doucement dans les habitudes, avec sa mécanique rassurante, répétitive, presque hypnotique. On ne crie pas. On réfléchit. On écoute.

    Puis arrive 1972.

    Le jeu change de dimension. Il devient quotidien. On y ajoute les chiffres. Les opérations. Le calcul mental. Voilà, l'émission "Des chiffres et des lettres" est née.

    Et le public suit.

    Jour après jour. Année après année.

    Parce que dans un paysage télévisuel de plus en plus bruyant, cette émission propose autre chose : le temps long, la concentration, le plaisir simple de chercher... et parfois aussi, de longs silences....

    Le jeu restera à l'antenne plus de 50 ans... il deviendra même un jeu de société très populaire durant les années 80, comme son générique, qui a traversé les époques, à peu près sans se rider...
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  • 1972 : César et Rosalie, l’amour selon Claude Sautet
    Jan 21 2026
    À l’écran, un trio d’acteurs au sommet : Yves Montand et Sami Frey pour les rôles masculins. Sautet voyait Deneuve dans le rôle principal, mais elle était enceinte. Son choix se porte alors sur Romy Schneider.

    Romy Schneider est Rosalie, une femme libre, moderne, insaisissable. Elle vit avec César, ferrailleur flamboyant, excessif, jaloux, mais profondément généreux. Un homme qui prend toute la place… et parfois trop.

    Lors d’un mariage, Rosalie recroise David, son amour de jeunesse. Plus discret, plus intérieur, presque à l’opposé de César. Et très vite, le film glisse vers ce que Sautet filme mieux que personne : les hésitations, les retours, les silences, les failles. Et la complexité des sentiments amoureux…

    Ici, pas de triangle amoureux spectaculaire.

    Tout se joue dans les regards, les gestes, les maladresses. César souffre, s’emporte, se repent. David observe, doute, recule. Et Rosalie est au milieu de tout cela. Tirant les ficelles,en apparence…

    Peu à peu, le film déjoue les attentes.

    Les deux rivaux cessent de s’affronter… et finissent par s’apprivoiser. Une amitié inattendue naît entre César et David, au point que Rosalie se retrouve presque spectatrice de l’histoire de ses deux hommes.

    La fin reste ouverte.

    Un jour, un taxi s’arrête devant la maison. Rosalie en descend. Le film s’arrête là. Sans réponse. Sans morale.

    Et puis, il y a cette lettre, lue par Romi…

    Ce qui donne à César et Rosalie sa force intacte, c’est cette manière de parler d’amour sans modèle imposé, de fragilité masculine, de liberté féminine… avec une infinie douceur. Sans jugement. Déjà, en 1972. On se sent perdu, exactement comme si on vivait cette histoire par procuration.

    Et puis il y a la musique.

    La musique de Philippe Sarde, énergique, énigmatique.
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  • 1969 : Diana Ross lance la carrière des Jackson Five
    Jan 20 2026
    Ils reprennent un titre des Isley Brothers, "It's Your Thing..."

    En 1969, personne ne parle encore de phénomène mondial. Mais cette apparition n’a rien d’un hasard.

    Retour en arrière. Trois ans plus tôt, les Jackson Five remportent un concours de talents dans leur ville natale de Gary.

    Jermaine chante des titres de la Motown, My Girl des Temptations notamment. Et le plus jeune, Michael, à peine huit ans, interprète Barefootin’. Le public est conquis.

    L’année suivante, en 1967, ils gagnent deux concours bien plus prestigieux : l’un au Regal Theater de Chicago, l’autre à l’Apollo Theater de Harlem. Deux temples de la musique noire américaine. Grâce à ces victoires, ils assurent les premières parties des Temptations, de Gladys Knight, et même de James Brown.

    Après Harlem, Gladys Knight croit tellement en eux qu’elle envoie une cassette à la Motown.

    Elle sera… refusée. Renvoyée sans suite.

    Mais les Jackson Five ne lâchent rien.

    Ils répètent sans relâche à la fin de l’été 1969. Jour après jour. Jusqu’à ce que la Motown finisse par écouter.

    Et ce 11 août 1969, Diana Ross les présente officiellement au public.

    Ils apparaissent à la télévision pour la première fois...

    C'est une immense claque à toute la profession.

    Le reste va très vite.

    Berry Gordy et ses auteurs façonnent pour eux un son nouveau, mélange du style Motown et de thèmes adolescents. On appellera ça la "bubblegum soul". Un son plus jeune, immédiatement reconnaissable, tout comme la voix de Michael Jackson qui éclipse le reste de la fratrie...

    Diana Ross ne lâche pas ses poulains. En décembre 1969 sort "Diana Ross Presents The Jackson 5".

    Puis en 1970, les tubes s’enchaînent : I Want You Back, ABC, The Love You Save, I’ll Be There.

    Quatre numéros un consécutifs aux États-Unis. Un record absolu...
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  • 1964 : Amsterdam, la chanson que Brel n’a jamais enregistrée en studio
    Jan 19 2026
    Parmi elles, un nouveau texte : Amsterdam.

    Une chanson à laquelle il ne croit pas vraiment. Alors, il la place en troisième position du concert, dans ce début de spectacle, qui lui sert généralement à ajuster la voix, le tempo et la tension.

    Sur scène, Brel chante les marins, la bière, les femmes, la fatigue des corps et des rêves.

    Il termine.

    Et là… À peine la dernière note retombée, la salle se lève. Ovation immédiate ce 16 octobre 1964 pour une chanson que personne n'avait jamais entendue...

    Le batteur Philippe Combelle, n'en revient pas, il parle d'une véritable “folie”.

    Sur le plan émotionnel, dira-t-il plus tard, ça a été énorme.

    Le concert est filmé, mais surtout diffusé en direct à la radio, sur Europe 1. Jacques Vassal, qui deviendra plus tard son biographe, écoute chez lui. Il racontera :

    « On respirait fort. On croyait le voir alors que ce n’était pas la télé. Il en faisait trop… mais il en faisait tellement qu’il vous faisait vivre la chanson. »

    Ironie magnifique : Amsterdam n’a pas été écrite à Amsterdam.

    Brel l’a composée au bord de la Méditerranée, en s’appuyant sur une mélodie bien plus ancienne : Greensleeves, un air traditionnel anglais du XVIᵉ siècle.

    Le port d’Amsterdam devient alors un décor universel, un théâtre humain où tout déborde.

    Le succès est fulgurant. Et pourtant…

    Jacques Brel refusera toujours d’enregistrer Amsterdam en studio. La chanson n’existera que dans le souffle du live, dans cette montée physique que seul le concert permet.

    Cette chanson née presque par accident, offerte d’abord comme une chanson “de début” de concert, deviendra l’un des sommets de la chanson francophone. Et même au-delà, puisque Bowie lui donnera une vie nouvelle en 1973...
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  • 1966 : Adamo est numéro 1 des ventes
    Jan 16 2026
    Sa chanson a dominé les hit-parades durant, accrochez-vous, 13 semaines. « Une mèche de cheveux » se classe directement à la première position des ventes, devant Michèle des Beatles, devant Antoine, Percy Sledge, Michel Polnareff et même Johnny...

    Le titre et le texte tournent autour d’un détail intime – une mèche de cheveux –, comme s'il s'agissait d'une relique sentimentale… et tout cela est chanté avec une infinie simplicité.

    On reste dans ce qui fait Adamo : une écriture simple, imagée, qui parle d’attachement, de souvenir, de mélancolie douce, toujours entre tendresse et légère tristesse. Et toujours avec une politesse tirée à 4 épingles.

    En 1966, Adamo est déjà au-delà du statut de “simple” chanteur à succès : il est installé comme figure centrale de la chanson francophone, avec une carrière internationale déjà bien lancée (en Italie, son pays d'origine évidemment, mais aussi en Espagne, en Amérique latine et même au Japon).

    D'ailleurs, il existe une version japonaise de la chanson….

    Parvenir à se classer devant Johnny en 1966 relève de l'exploit. Enfin, peut-être pas tant que ça. Son succès, Adamo le doit à son image : jeune homme romantique, costume impeccable, allure sage, opposée au côté plus “rock” de sa propre génération.

    Pas étonnant donc de voir « Une mèche de cheveux » dominer les ventes durant plus de 3 mois avec une chanson qui participe à la construction de sa légende : un Adamo intime, qui parle d’amour sans provocation, accessible à TOUTES les générations…
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  • 1971 : La Folie des Grandeurs bat des records au cinéma
    Jan 15 2026
    Le tournage de son nouveau film a lieu en Espagne. Louis de Funès est Don Salluste de Bazan, ministre des Finances du roi d’Espagne. Quant à Yves Montand, il tient le rôle de Blaze, son valet. Autre recrue du casting, une invraisemblable, une magnifique Alice Sapritch…Vous l'avez compris, nous sommes en plein cœur de la Folie des Grandeurs...

    L’action se déroule donc dans l’Espagne du XVIIᵉ siècle : Don Salluste est donc le ministre des Finances du roi Charles II. Il exploite le peuple et détourne l’argent pour sa propre grandeur. La reine déteste ce personnage et parvient à le faire chasser de la cour. Pour se venger, Salluste veut la compromettre dans un complot amoureux. Son neveu Don César refusant de participer, c’est finalement Blaze, le valet amoureux de la souveraine, qui va s'y risquer.

    Gérard Oury explique à la RTB, en décembre 1971, pourquoi il voulait réunir De Funès et Montand....

    Difficile en effet de les départager. Le film appuie sur l'angle “Quand Victor Hugo rencontre Louis de Funès”… et ça fonctionne bien : partir d’un drame romantique pour aboutir à une comédie burlesque, tout en gardant la critique des puissants et l’idée du petit qui se glisse parmi les grands. Résultat ? Plus de 5,5 millions d’entrées, ce qui en fait un des grands triomphes comiques du début des années 70.

    Ce qu'on sait moins par contre, c'est que la musique originale a été composée par… Michel Polnareff, sur le thème des grands westerns…
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