• Le rêve américain : Raphaël Quenard et Anthony Marciano, l’interview
    Feb 14 2026
    « C'est quasiment une comédie romantique », résume le réalisateur Anthony Marciano au micro de Patrice Caillet sur La Radio du Cinéma, en parlant du film Le rêve américain, au cinéma le 18 février 2026. Il met en scène Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi dans la peau de Jérémy Medjana et Bouna Ndiaye, deux amis partis de rien, devenus des agents sportifs français au premier plan du basket tricolore: retour sur une interview qui raconte, à sa façon, comment on fabrique un rêve… sans tricher avec l'histoire.« Personne n'y croyait » : le scénario comme jeu de pisteDans l'interview, Anthony Marciano décrit une fabrication “par paliers” : écrire sans accès direct aux personnes réelles, convaincre des acteurs, puis seulement réussir à rencontrer les intéressés. Le cinéaste parle d'un parcours étape par étape, où le scénario circule, se transmet, se défend.Sur le papier, l'histoire a tout d'un récit à obstacles : deux Français partent de très loin, apprennent les codes, essuient des refus, et finissent par se faire une place dans un univers réputé imprenable. La presse sportive rappelle d'ailleurs le caractère hors-norme de cette ascension, devenue matière à cinéma via un article de la FFBB (11 février 2026) et un grand récit de L'Équipe (12 février 2026).Quand le film refuse le manuel du buddy movieLe passage le plus révélateur de l'échange tient en une décision d'écriture : Anthony Marciano explique avoir refusé d'ajouter une scène de dispute, pourtant fréquente dans les “buddy movies”. Motif : elle ne correspondait ni à ce qu'il percevait dans les archives vidéo, ni à ce que lui ont confirmé les vrais Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana lors de leur rencontre.Il évoque même, dans l'interview, des trahisons et des sommes dues de 1.000.000 de dollars sans poursuites, comme signe d'un état d'esprit tourné vers “le suivant”, jamais vers le règlement de comptes. À l'écouter, le cœur du film tient dans la fidélité à l'élan commun — “tout est vrai” dit-il au micro de La Radio du Cinéma.Amour, famille, entourage : une réussite qui se construit à plusieursInterrogé par Patrice Caillet sur la place des proches, Raphaël Quenard insiste sur une dimension chorale : les compagnes, les enfants, les mères. Il parle d'un “soutien inconditionnel” et d'une énergie qui circule, se partage, se relaye, quand l'un doute et que l'autre tient la barre.C'est aussi une façon d'offrir une clé de lecture simple : Le rêve américain raconte la persévérance, oui, mais pas en solitaire. Le film rappelle que les trajectoires spectaculaires ont souvent des coulisses : des coups de fil, des concessions, des soirs de désespoir… et des gens qui continuent d'y croire même quand la journée, le mois, les années ont été rudes.Le basket, l'étincelle : filmer une rencontre comme une naissanceDans l'interview, Raphaël Quenard revient sur une idée de mise en scène : reproduire à l'écran la rencontre sur un terrain de basket à Menton, telle qu'elle est racontée. Il insiste sur la nécessité de créer “cinématographiquement une alchimie”, une sensation de première fois, comme si le film captait l'instant où une amitié prend forme.Le défi, raconte Anthony Marciano, se concentre sur cette scène de rencontre, car Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi partagent déjà une complicité visible. Ensuite, le film bascule dans une fraternité installée depuis le film Coupez! de Michel Hazanavicius en 2022.Un réalisateur précis, des acteurs “sur la retenue”Quand l'équipe évoque le tournage, Raphaël Quenard décrit Anthony Marciano comme très pointilleux, avec une précision d'horloger, et une méthode qui canalise les envies d'improvisation. Le réalisateur répond en revendiquant une priorité : l'histoire, travaillée, lue, retouchée, répétée.Résultat annoncé : des interprétations moins démonstratives, plus contenues, “au service du personnage”. Anthony Marciano dit vouloir éviter que les comédiens “sortent du personnage”, tout en gardant la porte ouverte aux trouvailles utiles, intégrées au texte quand elles renforcent le récit.La morale du film : rêver ne suffit pasDans les dernières minutes, l'échange bascule vers le “après la séance”. Raphaël Quenard souhaite un déclic : s'autoriser à rêver, malgré les voix qui réduisent, découragent, ou déforment les désirs. Il insiste sur la sincérité : elle finit par dépasser la maladresse.Anthony Marciano complète avec une idée très concrète : “avoir un plan et travailler”. Il cite une routine de travail montrée dans le film : se lever à 05h00 pendant 10 ans pour “gagner 2 h” sur les autres. Et pour le cinéma, son conseil se résume à une injonction simple : écrire des histoires, ne pas attendre qu'elles arrivent “d'ailleurs”.Infos pratiques : date de sortie, durée, sourcesTitre : Le rêve américainRéalisation ...
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  • Cantine de tournage : menus, logistique et secrets de plateau avec "le chat toqué"
    Feb 10 2026
    Par La Radio du Cinéma · 10 février 2026 · Temps de lecture : six à huit minutesSur un plateau, il y a les cadres, les perches, les rails… et ce moment où tout le monde se retrouve enfin au même endroit : la cantine, le catering. Dans notre interview, Corentin Ponthus, cofondateur du Chat Toqué, résume son métier avec une image simple : « On monte un restaurant tous les jours, peu importe le décor, peu importe le lieu. »Responsable de cantine, chef, logisticien, parfois mécano improvisé… le catering de tournage fait partie de ces métiers invisibles qui tiennent une journée (et une équipe) debout. Avec le chat toqué, basé à Marseille, on passe derrière le rideau : comment on pense un menu pour une centaine de techniciens, comment on gère les imprévus, pourquoi la déco compte, et ce que change la nouvelle donne des tournages plus responsables ?Un restaurant qui roule : la cantine de tournage au quotidien« Il faut être cuisinier, cinéphile et un petit peu fou », sourit Corentin Ponthus au micro de Patrice Caillet. L'image n'est pas une coquetterie : le catering, c'est installer une salle, un flux, une cuisine, une cadence, puis tout démonter… et recommencer le lendemain, qu'il pleuve, qu'il vente, que le décor soit une ruelle, un parking, une colline ou un studio.Sur son site, le Chat Toqué revendique une « vraie pause repas » et une cantine « agréablement décorée », pensée comme un sas où l'équipe peut souffler après des heures intenses, avec une restauration faite sur place (entrées, plat chaud, desserts maison). Le service s'appuie sur une brigade identifiée : Corentin Ponthus (chef pâtissier) et Sébastien (chef cuisinier), avec Baptiste en régie et accueil.Composer un repas, c'est aussi composer avec une équipeSur un plateau, tout le monde n'a pas la même dépense d'énergie ni les mêmes contraintes. « Les électro machino, eux, ont faim », raconte Corentin Ponthus. À l'inverse, la production demande souvent plus léger, plus digeste. Résultat : un seul déjeuner doit proposer plusieurs “scénarios” en parallèle.La règle d'or selon Corentin PonthusPrévoir du copieux, du plus léger, du végétarien, et si possible du végan, pour que « tout le monde mange ». Le but n'est pas de faire “un menu unique”, mais une partition complète, qui laisse chaque poste choisir son rythme.Le stress, la boue et… le sourire : l'art de l'imprévuPremier tournage, premières sueurs. Corentin Ponthus se souvient d'une publicité de « trois ou quatre jours de tournage » où il était encore néophyte : stress, pression, détails qui comptent. Puis, tournage après tournage, « ça roule ».La liste des surprises ressemble à un scénario à rebondissements : accès impossible, camion coincé, météo capricieuse, branchement qui lâche. « Il faut être prêt à faire de la mécanique, de la plomberie, de l'électricité… », explique-t-il, avant de poser l'essentiel : rester calme, garder le sourire, parce que la cantine est un moment de détente collectif.Pub, série, long-métrage : les ambiances changent, la mission reste« Une publicité, on sent que c'est pour trois jours », observe Corentin Ponthus : moins de temps pour tisser des liens. Sur les tournages longs, la cantine devient un repère. On prend des habitudes avec les régimes, les petits rituels.Et puis, il y a la règle non écrite, que Corentin Ponthus formule comme une maxime : la cantine entend tout… et ne répète rien. Une “safe space” : on recharge les batteries, on décompresse, puis on repart au clap suivant.Le Chat Toqué, un exemple marseillais qui revendique le “fait sur place”Le Chat Toqué se présente comme une cantine de tournage capable d'accueillir jusqu'à 100 personnes en autonomie (et davantage si l'équipe est prévenue), avec une base logistique à Marseille et une autre à Paris. La promesse : une cuisine préparée devant l'équipe, et un menu qui change pour éviter la lassitude sur les tournages longs.Dans l'interview, Corentin Ponthus cite notamment des projets diffusés sur France 3, comme Tom et Lola et La Stagiaire, ainsi que le long-métrage Les Condés. Sur son site, le Chat Toqué met aussi en avant des références de diffuseurs (Canal+, Netflix, France TV) et affiche ces titres dans ses “derniers tournages”.Tournages plus verts : quand l'écologie arrive à tableDans l'interview, Corentin Ponthus raconte un virage concret : fin des canettes, bascule vers le verre, boissons réalisées via une machine de gazéification, incitation à venir avec sa propre tasse, tri des déchets. Sur son site, le Chat Toqué affirme aller plus loin : cantine autonome en eau et énergie, récupération des eaux usées, tri sélectif, et aucun usage de bouteilles ni de canettes.Cette évolution n'est pas isolée : depuis le 1er janvier 2024, le CNC impose aux bénéficiaires d'aides à la production la remise d'un bilan carbone ...
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  • À demain sur la Lune : comment la musique de Guillaume Poncelet suit Peyo et Amandine sans surligner l’émotion
    Feb 3 2026
    Sortie en salles le 4 février 2026, du documentaire "À demain sur la Lune" qui suit le quotidien de l'unité de soins palliatifs de l'hôpital de Calais, où un cheval nommé Peyo rend visite aux patients les plus fragiles. Pour accompagner cette matière du réel sans la recouvrir, le compositeur Guillaume Poncelet a cherché une musique qui sache se taire autant qu'elle sait parler.Et il résume sa méthode d'une phrase, simple comme un motif au piano :« Ce que j'ai en moi, c'est peu de notes finalement, essayer de bien les placer dans le temps et dans l'espace », confie Guillaume Poncelet au micro de Patrice Caillet pour La Radio du Cinéma.Film : À demain sur la Lune (documentaire) — réalisation : Thomas Balmès — musique : Guillaume PonceletSortie cinéma : 4 février 2026 — durée : 80 minutesDans l'unité de soins palliatifs de l'hôpital de Calais, le documentaire de Thomas Balmès suit Amandine pendant un an, jusqu'à ses derniers jours : son combat, ses doutes, son courage, et cette volonté de laisser une trace à ses jeunes enfants, en revisitant sa vie et son histoire familiale.Et tandis que Peyo vient apaiser les patients les plus fragiles, accompagné de Hassen Bouchakour, le film éclaire ce fil mystérieux entre l'animal et l'humain, quand la vie se retire inexorablement.Quand un documentaire s'appuie sur des regards, des souffles, des silences qui « en disent long », la musique ne peut pas faire la maligne. C'est précisément le défi que raconte Guillaume Poncelet : écrire une bande originale capable de soutenir la circulation du film, sans jamais prendre le dessus sur la réalité filmée.Une rencontre avant le film : Peyo, Hassen Bouchakour et un morceau déjà làLa particularité de cette histoire, c'est qu'elle commence avant le montage, et même avant le tournage. Guillaume Poncelet explique avoir contacté Hassen Bouchakour dès 2020, après avoir découvert Peyo et ses « capacités d'empathie très fortes ». De cette relation naît une évidence : quand Thomas Balmès lance le projet, le compositeur ne part pas de zéro.Le « thème de Peyo » existait déjà, dit-il, et il trouve naturellement sa place au cinéma : un motif qui revient notamment lors de la scène où le cheval apparaît dans l'hôpital, sortant de l'ascenseur, image presque irréelle pour qui ne s'attend pas à croiser un cheval dans un service de soins.Pour situer le film : fiche film sur IMDbComposer à hauteur d'humain : la crainte du pathos, la place du silenceDans l'interview, Guillaume Poncelet insiste sur une vigilance : ne pas « surhabiller » des scènes qui n'ont besoin de rien. Il parle d'un danger, celui d'appuyer trop fort, de fabriquer du sentiment au lieu d'accompagner ce qui se passe déjà à l'image.« Il y a toujours ce danger de faire dans le pathos, de trop en faire et d'être dans le sensationnel, alors que le but c'est justement de rester humain et juste », explique Guillaume Poncelet.Sa solution tient à une écriture minimaliste et à une utilisation de la musique comme respiration, souvent placée sur des transitions, au fil des étapes de la maladie. Le documentaire comporte des plages de silence assumées : la musique n'arrive pas pour commenter, elle arrive pour laisser passer le temps.Amandine en mélancolie : une première séquence faite de souvenirsLa première scène sur laquelle Guillaume Poncelet travaille est décrite comme un montage de souvenirs d'Amandine que suit le film. Images à la caméra « d'époque », séquences au smartphone : un matériau intime, fragile, déjà chargé d'émotion.Le compositeur dit avoir écrit une musique « plutôt mélancolique », parce que, lorsque l'on regarde en arrière dans les derniers instants, la nostalgie s'impose. Cette mélancolie n'annule pas la lumière.Deux leitmotivs, une construction : le thème de Peyo et le thème d'AmandineLa musique de À demain sur la Lune se construit par retours, par traces, par reprises : Guillaume Poncelet assume une écriture au leitmotiv. Il décrit un « thème de Peyo » récurrent, et un « thème d'Amandine » d'abord suggéré, puis précisé au fur et à mesure que le film permet de la connaître.Pour un spectateur, c'est une clé d'écoute simple : repérer ces motifs, comprendre qu'ils agissent comme des balises. Pas des panneaux publicitaires. Des repères discrets, presque des points de couture sur un récit dont la matière première reste la vie quotidienne d'un service.Un mois pour écrire : un travail au studio avec Thomas BalmèsAutre détail de fabrication livré à l'antenne : Guillaume Poncelet raconte avoir composé la musique en un mois, ce qu'il qualifie de rapide. Il souligne aussi un cadre de travail rare : la liberté laissée par Thomas Balmès, et une présence quotidienne du réalisateur au studio.« Thomas Balmès m'a laissé totale liberté… il venait tous les jours au studio. C'était très agréable », dit Guillaume Poncelet.Dans un ...
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  • Festival À vous de voir 2026 à Saint-Égrève (38) : programme, avant-premières et rencontres à La Vence Scène du 6 au 11 février
    Jan 29 2026
    Par Manuel Houssais • Publication : 29 janvier 2026À Saint-Égrève, La Vence Scène s'offre une semaine “tout cinéma” du 6 au 11 février 2026 avec la dixième édition d'À vous de voir. Au micro de La Radio du Cinéma, Julie Broucquesault résume l'esprit maison en une phrase:« L'envie, c'était de faire connaître le cinéma dans tous ses états : pour tous les publics, tous les films, organiser des rencontres. »— Julie Broucquesault, responsable de l'Avant-Scène (Saint-Égrève), interview La Radio du CinémaPour cette édition anniversaire, le principe ne change pas : un concentré de cinéma dans une salle municipale qui revendique la proximité. Julie Broucquesault le dit sans détour : le quotidien d'une salle “spectacle + cinéma” impose parfois des arbitrages, alors le festival sert de parenthèse, avec une programmation qui assume les contrastes… sans chercher le thème unique à tout prix.Un ADN “tous publics”, avec l'art et essai comme boussoleCôté sélection, pas de mot d'ordre rigide : le festival pioche dans les films qui ont marqué l'équipe sur l'année écoulée, garde des propositions familiales très repérées (Julie Broucquesault cite Marsupilami), puis ouvre des chemins plus inattendus, notamment sur le jeune public, dans l'esprit d'un cinéma labellisé art et essai jeune public.La promesse, elle, est limpide : permettre au spectateur de passer d'une salle pleine de rires à une séance qui déclenche un échange, comme on changeait de bobine — avec la curiosité pour seul billet d'entrée.Les “soirées phares” : montagne, Italie, et l'art de prolonger la séanceChaque année, certaines dates reviennent comme des rendez-vous de cinéphiles. La soirée montagne fait partie des incontournables : Saint-Égrève vit au rythme d'un territoire alpin, et la demande est forte, explique Julie Broucquesault, qui parle de courts, moyens et longs métrages, avec des équipes invitées à venir raconter leurs images.Autre pilier : la soirée italienne, construite avec l'association locale Dipinto Nel Blu et le soutien de Dolce Cinema. Cette année, l'équipe annonce un clin d'œil particulier autour du film Il Maestro en hommage à Pietro Maestri, président de Dolce Cinema, décédé peu avant leur festival.Avant-premières et rencontres : ce que le festival veut préserverDans l'interview, Julie Broucquesault insiste sur un point : les moments les plus précieux ne se téléchargent pas. Les échanges en salle, les questions du public, la parole d'un réalisateur au pied de l'écran… voilà ce qui donne au festival sa couleur de “service public vivant”.Parmi les rendez-vous cités à l'antenne : La Femme cachée samedi 7 février, Une fille en or mardi 10 février, avec le réalisateur et l'acteur Arthur Dupont, et La Danse des renards mardi 10 février, avec le réalisateur Valéry Carnoy.Et puis il y a ces idées qui font sourire parce qu'elles ressemblent à un “bonus caché” : le dimanche 8 février, le documentaire Mondovino est annoncé comme un rendez-vous suivi d'une dégustation de vin, clin d'œil assumé à une projection accueillie vingt ans plus tôt par Julie BroucquesaultAffiches : quelques films cités dans l'interviewLe Retour du projectionniste (Orkhan Aghazadeh)La Danse des renards (Valéry Carnoy)Une fille en or (Jean-Luc Gaget)La Femme cachée (Bachir Bensaddek)Mondovino (Jonathan Nossiter)Il Maestro (Andrea Di Stefano)Le rôle des associations : la convivialité comme “troisième salle”Dans la bouche de Julie Broucquesault, on entend une conviction de terrain : la salle n'est pas qu'un écran. À vous de voir se construit avec les associations culturelles de Saint-Égrève, qui animent des “levers de rideau” et font vivre les espaces communs. Traduction très concrète : une crêpe, un café, une discussion après la séance, et la sensation que le festival a aussi été pensé pour créer du lien.Un festival municipal, avec une question de calendrier déjà poséeJulie Broucquesault rappelle que La Vence Scène est un cinéma municipal, avec une politique tarifaire voulue accessible. Elle évoque aussi l'envers du décor : une équipe réduite, un équipement ouvert tôt le matin et tard le soir, et la difficulté à faire venir des équipes quand le calendrier se resserre après le Festival de l'Alpe d'Huez puis à l'approche des César.Pour les prochaines éditions, elle imagine un repositionnement : viser une semaine de cinéma plus lisible, éviter le chevauchement avec les vacances scolaires, et reprendre à froid la question d'un fil conducteur. Un chantier annoncé pour le printemps, avec l'équipe et les élusInfos pratiques : dates, lieu, accèsFestival À vous de voir : du 6 au 11 février 2026, à La Vence Scène (Saint-Égrève, Isère).Adresse : La Vence Scène, 1 avenue du Général De Gaulle, 38120 Saint-Égrève.Téléphone : 04 76 56 53 18 • Site : lavencescene.saint-egreve.frÉquipement (infos ...
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  • Un dragon en forme de nuage : le scénario inédit d’Ettore Scola devient une BD à l’aquarelle chez Fordis
    Jan 29 2026
    Par David Marmier • Mise en ligne le 29 janvier 2026 • Sur La Radio du CinémaUn film qui ne verra jamais le grand écran, puis une renaissance inattendue sur papier aquarellé : l'historien Jean-Antoine Gili et l'éditeur Salvatore Biddau racontent comment Un dragon en forme de nuage prolonge le souvenir d'Ettore Scola. Avec cette phrase, intime et limpide, comme un clap d'ouverture : « Scola racontait l'histoire de ma famille », confie Salvatore Biddau.Un cinéaste, une fidélité : l'Italie de Scola, sans jamais ranger ses convictionsUn dragon en forme de nuage est « le film d'Ettore Scola que vous n'aurez malheureusement jamais l'occasion de voir sur les écrans ». Le réalisateur, disparu le 19 janvier 2016 à Rome, a laissé derrière lui une filmographie qui a longtemps fait dialoguer récit populaire et regard social.Dans l'entretien, Jean-Antoine Gili insiste sur une constante : l'engagement politique de Scola irrigue ses films, sans posture de façade. Regarder Scola, c'est accepter qu'un récit s'écrive aussi avec une conscience, une époque, des débats qui traversent la société italienne.Du plateau à la page : une BD née d'un film empêchéC'est là que Salvatore Biddau entre en scène, avec une émotion qui ne cherche pas l'effet : Scola et De Sica font partie de ses « réalisateurs phares ».L'album, lui, se déroule à Paris, sur l'Île de la Cité, dans une librairie. Salvatore Biddau raconte l'enthousiasme immédiat pour une mise en couleur à l'aquarelle, puis la décision de porter le projet en France avec Fordis Éditions. Et surtout, ce passage décisif : Ivo Milazzo a adapté le traitement du film remis par Ettore Scola, sans scénariste additionnel, en réécrivant pour la grammaire de la bande dessinée.Planches ci-dessousUn père, une fille, un souffle de doute : le récit (no spoil)Le père, Pierre, tient une librairie sur l'Île de la Cité. Veuf, il consacre son quotidien à sa fille en situation de handicap, après un accident survenu dans l'enfance. La mécanique du récit se met en marche le jour où une jeune femme surgit dans la librairie, « une furie », dit Salvatore Biddau, et fait bouger l'axe d'une routine installée depuis des décennies.Ce qui compte, ici, tient en une promesse de cinéma transposée : Jean-Antoine Gili affirme voir, dans ces pages, le film potentiel que Scola aurait pu réaliser. Une façon simple de donner envie : lire l'album comme on regarderait un storyboard luxueux, avec le grain de l'aquarelle à la place de la pellicule.l'histoire a trouvé un autre écran : celui de la page.Quand Cannes, Cinecittà et Paris se répondentAu fil de la conversation, Jean-Antoine Gili déroule une mémoire de tournage. Il raconte une journée passée sur le tournage de Splendor (1989), avec Marcello Mastroianni et Massimo Troisi, jusqu'à devenir figurant à la demande de Scola. Le film a aussi une histoire cannoise : la page officielle du Festival de Cannes mentionne Splendor en compétition (1989), ainsi que La Famille (1987).Cannes revient d'ailleurs par un autre biais : Ettore Scola a présidé le Jury en 1988. Source Cannes.Et puis il y a Paris, version librairie, version aquarelle : Un dragon en forme de nuage devient une façon de faire circuler Scola en France autrement que par une rétrospective. Une coproduction artistique, au sens large, qui répond à ce que Jean-Antoine Gili rappelle dans l'émission : Scola a compté parmi les artisans du cinéma italien qui ont beaucoup travaillé avec la France.Exclu: Un projet de livre, “un peu panoramique” voit le jour pendant l'interview !La révélation tombe presque comme un “petit cadeau”, glissé par Salvatore Biddau lors de l'entretien.David Marmier comprend et reformule : “Ah donc ça serait une synthèse du cinéma italien ?”Jean-Antoine Gili confirme : “Oui, un peu. Un panoramique.”Le projet : “des textes sur des cinéastes, des comédiens, des scénaristes”, avec “beaucoup” d'illustrations si possible.Salvatore Biddau avance une date comme un pari public : “Avril 2027.”Jean-Antoine Gili s'engage : “Je ne suis pas certain de pouvoir tenir. Mais si… mo ci provo.”Et David Marmier scelle la promesse : “attention, il y a des témoins… tous les auditeurs.”Infos pratiques : l'album, ses données, et où le trouverTitre : Un dragon en forme de nuageCrédits : texte attribué à Ettore Scola, adaptation et aquarelles par Ivo Milazzo, préface par Jean-Antoine Gili Éditeur : Fordis ÉditionsDate de parution : 29 octobre 2025Pagination : 128 pages couleursFormat : 205 × 270ISBN : 9791095720614Commander : page éditeur (lien ci-dessus) ou librairiePhotographie: David Marmiercinéma italienEttore ScolaIvo MilazzoJean-Antoine GiliSalvatore BiddauFordis Éditionsbande dessinéeUn dragon en forme de nuageUne journée particulièreSplendorFestival de CannesUluleSources consultéesFordis Éditions : fiche album (parution, format, pages, ISBN)Le Monde : ...
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    36 mins
  • Le pari réussi de Viva Cinéma, le bilan avec Catherine Rossi-Batot
    Jan 28 2026

    Au micro de La Radio du Cinéma pendant Viva Cinéma, Catherine Rossi-Batto, Directrice de LUX, Scène Nationale dresse le bilan d'une édition placée sous le signe du partage et du dialogue entre les arts. Hommages à Youssef Chahine, croisements entre cinéma, danse et musique : le festival affirme que le patrimoine est un art vivant, capable de parler puissamment aux jeunes générations.

    Elle souligne aussi la curiosité du public d'aujourd'hui et l'importance de l'expérience collective en salle, complémentaire aux plateformes soutenues par le CNC, qui jouent un rôle clé dans la diffusion et la valorisation du cinéma de patrimoine.

    Et l'actualité continue : dès la fin du festival, la Scène nationale enchaîne avec la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton, un projet mémoire mené avec des scolaires, de nouvelles projections de cinéma égyptien et un spectacle chorégraphique original autour de la radio. Preuve que le dialogue entre images, sons et publics se poursuit bien au-delà de Viva Cinéma.

    Restaurer, transmettre, créer des passerelles entre les œuvres et les spectateurs : une mission essentielle pour que les films d'hier éclairent toujours notre présent.


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  • Béatrice de Pastre, CNC : « Les images du passé sont toujours vivantes »
    Jan 28 2026

    Dans le cadre du festival Viva Cinéma, Patrice Caillet, fondateur de La Radio du Cinéma, a rencontré Béatrice de Pastre, directrice des collections du CNC, figure majeure de la préservation du patrimoine filmique et grande passeuse de mémoire du cinéma.

    Fraîchement interviewée par de jeunes passionnés présents au festival, elle confie combien cet engagement de la nouvelle génération donne du sens à son travail :
    « On travaille pour quelqu'un. Voir des jeunes s'investir avec autant de passion, ça justifie pleinement ce que l'on fait. »

    Quand le passé dialogue avec le présent

    À Viva Cinéma, Béatrice de Pastre présente Le Manoir de la peur, un film muet vieux de plus d'un siècle, accompagné en ciné-concert par deux jeunes musiciens électro. Une rencontre artistique qui illustre parfaitement la vitalité du cinéma de patrimoine.

    « Ce dialogue entre de jeunes musiciens et de vieilles images renouvelle complètement le regard. Ils insufflent un nouveau souffle à ces films. »
    Habituée à collaborer avec ces artistes, elle se réjouit de découvrir leur création en direct : une relecture sensible et contemporaine d'images centenaires.

    Restaurer les films, un travail d'orfèvre

    Si la musique live redonne une nouvelle vie aux films muets, la restauration sonore des films parlants relève d'un autre défi. Béatrice de Pastre rappelle que ce travail, mené en partenariat avec des laboratoires spécialisés, nécessite des équipements et un savoir-faire très spécifiques afin de restituer le son au plus près de son état d'origine.

    Des trésors en cours de renaissance

    L'actualité de la restauration est riche. Parmi les chantiers en cours : un film de Sarah Maldoror, Un déjeuner pour Constance, bientôt prêt à être redécouvert. Autre projet marquant : la restauration de Espoir, unique film réalisé par André Malraux, à l'occasion des 80 ans du CNC et du centenaire de l'écrivain et homme de culture.

    Pour Béatrice de Pastre, ces œuvres anciennes ne sont pas des reliques :
    « Les films du passé nous parlent encore. Ils racontent d'où l'on vient, mais aussi le monde d'aujourd'hui. »

    Une conviction qui résonne particulièrement avec la projection de La Jetée de Chris Marker, présentée dans la foulée : un voyage entre passé, présent et futur, preuve éclatante que le cinéma traverse le temps sans jamais cesser de dialoguer avec lui.

    À Viva Cinéma, le patrimoine n'est pas figé : il respire, il se transforme, et surtout… il continue de nous émouvoir.


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  • Jean-Michel Frodon rend hommage à Youssef Chahine
    Jan 28 2026

    À l'occasion du festival Viva Cinéma, qui s'est tenu à la Scène nationale Lux de Valence, @Jean-Michel Frodon, critique et historien du cinéma, était l'invité de la radio du cinéma pour évoquer la figure majeure du réalisateur égyptien Youssef Chahine et plus largement la richesse du cinéma mondial.

    Pour lui, Chahine occupe une place singulière dans l'histoire du cinéma : « À partir de Gare centrale, à la fin des années 50, il a montré que l'Occident n'avait pas le monopole du cinéma. Avec Kurosawa ou Satyajit Ray, Chahine a fait émerger des cinémas qui étaient ignorés jusqu'alors. » Selon le critique, le cinéma de Chahine est à la fois profondément égyptien et résolument personnel, marqué par une créativité et une vitalité constantes jusqu'au début des années 2000.

    Le réalisateur était aussi un découvreur de talents : Omar Sharif n'était pas encore la star que l'on connaît lorsqu'il a été révélé par Chahine. Jean-Michel Frodon souligne la manière dont le réalisateur transformait la présence et la sensualité des acteurs à l'écran en art cinématographique, créant un cinéma à la fois spectaculaire et politique.

    L'héritage de Chahine continue de résonner aujourd'hui. « Beaucoup de jeunes spectateurs découvrent ses films grâce aux festivals et aux salles comme le Lux », explique t iil. « Son cinéma, comique, burlesque, musical et coloré, reste profondément engagé et trouve des échos avec le monde actuel, notamment au Moyen-Orient. » Le centenaire de sa naissance est célébré dans plusieurs villes, de Montpellier à Paris, en passant par Valence, Marseille et Bordeaux.

    Pour Jean Michel, la France joue un rôle unique dans l'ouverture aux cinémas du monde : « Il n'existe aucun pays où le public ait accès à une telle diversité de films internationaux. Des réalisateurs norvégiens, thaïlandais, philippins ou africains trouvent en France un public qui les découvre avant même qu'ils ne soient connus chez eux. Cette richesse nourrit l'ensemble du cinéma mondial. »

    Malgré la mondialisation et la domination des plateformes de streaming, Frodon reste optimiste : « Il faut aller voir partout : à Hollywood comme à Bangkok, où l'on fait des films avec un téléphone. La salle de cinéma n'est pas en perte de vitesse ; il y a plus de salles ouvertes qu'il y a 20 ans et plus de films vus par le public que jamais. »

    Quant au rôle de la critique, il demeure essentiel : « La critique propose une alternative au marché et aux algorithmes qui décident à notre place. Elle permet de réfléchir, comprendre et questionner les films, au-delà des simples « j'aime/j'aime pas » du bouche-à-oreille numérique. »

    Jean-Michel Frodon célèbre la diversité et l'émotion du cinéma mondial, en rappelant l'importance des festivals et des salles pour permettre au public de découvrir des films qui, parfois, n'auraient jamais franchi les frontières de leur pays d'origine.


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