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Connexion Nature

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Written by: Nostalgie+
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Chaque semaine, Amir Bouyahi de « Connexion Nature » nous parle du monde vivant qui nous entoure. Découvrez comment la nature évolue, comment la préserver et l'observer.Nostalgie+ Music
Episodes
  • Connexion Nature – L’éco-pâturage : quand les animaux remplacent les tondeuses
    Feb 1 2026
    Remplacer le vrombissement des tondeuses par le pas tranquille d’un mouton… Voilà toute la philosophie de l’éco-pâturage, au cœur de cette nouvelle Connexion Nature. Amir nous rappelle que cette pratique, pourtant très moderne dans ses objectifs écologiques, s’inspire en réalité d’un savoir-faire ancien, respectueux du vivant.

    Le principe est simple : confier l’entretien des espaces verts à des herbivores — moutons, chèvres, ânes ou parfois même vaches. En broutant la végétation, ces animaux assurent une gestion naturelle des prairies, talus et parcs, sans machines ni produits chimiques. Résultat : une réduction significative de l’empreinte carbone, mais aussi du bruit, souvent envahissant dans nos villes.

    Contrairement aux tontes mécaniques qui uniformisent tout sur leur passage, l’éco-pâturage permet une gestion différenciée des milieux. Les animaux choisissent ce qu’ils mangent, laissent certaines plantes intactes, favorisent la diversité végétale et enrichissent naturellement les sols grâce à leurs déjections — un engrais aussi ancien que la terre elle-même.

    Cette pratique porte également une forte dimension éthique. Bien souvent, les animaux utilisés sont en fin de carrière agricole. L’éco-pâturage leur offre une retraite paisible, loin de l’abattoir, au rythme des saisons. Une image qui touche, et qui rappelle notre responsabilité envers ceux qui nous nourrissent et nous accompagnent depuis des millénaires.

    Mais l’éco-pâturage est aussi une aventure humaine et sociale. Dans plusieurs communes, des citoyens volontaires sont formés pour veiller au bien-être des troupeaux. C’est notamment le cas à Watermael-Boitsfort, mais aussi au parc Tournay-Solvay, à Ixelles ou encore au Kauwberg, à Uccle, en lisière de la Forêt de Soignes. Jour après jour, ces bénévoles s’assurent que les animaux vont bien, que les clôtures fonctionnent, qu’aucune blessure n’apparaît. Une véritable reconnexion au vivant.

    Bien sûr, Amir le souligne : un projet d’éco-pâturage ne s’improvise pas. Il faut étudier le site, choisir les espèces adaptées, dimensionner correctement les troupeaux, prévoir clôtures, abris et points d’eau, et assurer un suivi sanitaire rigoureux. Lorsqu’il est bien pensé, l’éco-pâturage devient un modèle exemplaire de gestion durable.

    Un épisode qui invite à ralentir, à écouter le silence, et à redécouvrir le bon sens d’hier pour mieux préparer demain.
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  • Connexion Nature – Le retour du loup en Belgique : cohabiter avec le sauvage (2e partie)
    Jan 25 2026
    Après avoir retracé le retour du loup en Belgique, cette seconde partie de Connexion Nature s’attarde sur les raisons profondes de cette réapparition et sur les débats qu’elle suscite. Car le loup ne revient jamais sans provoquer des émotions contrastées.

    Amir identifie quatre facteurs majeurs expliquant cette recolonisation naturelle. Tout d’abord, l’augmentation importante des populations de grands ongulés — cerfs, chevreuils, sangliers — observée depuis une trentaine d’années. Ensuite, le statut de protection européenne accordé au loup depuis la Convention de Berne de 1979, qui a mis fin à sa persécution systématique. À cela s’ajoute la déprise agricole dans certaines régions de France et d’Allemagne, offrant au loup de nouveaux espaces plus favorables. Enfin, il faut souligner l’extraordinaire capacité de dispersion de l’animal, capable de parcourir de très longues distances et de traverser des zones fortement urbanisées.

    Ce retour suscite un enthousiasme réel. Le loup reste un symbole puissant de la nature sauvage, un animal qui nourrit l’imaginaire collectif et rappelle que le vivant peut encore reprendre sa place. Mais il engendre aussi des inquiétudes, notamment chez les éleveurs de troupeaux ovins et caprins. La question centrale devient alors celle de la cohabitation.

    Dès 2020, la Wallonie a mis en place un Plan de cohabitation visant à équilibrer la présence du loup et les activités humaines. Ce plan comprend la protection renforcée des tanières, le suivi des individus, la surveillance des zones fréquentées, mais aussi un accompagnement concret des éleveurs : indemnisations élargies, kits de protection et aides financières.

    Face aux peurs du grand public, Amir rappelle que le loup est avant tout craintif. Les mythes et légendes ont forgé une image inquiétante, souvent éloignée de la réalité. Croiser un loup reste extrêmement rare et relève d’une chance exceptionnelle. En cas de rencontre, il convient de rester debout, de ne pas lui tourner le dos et surtout de ne jamais approcher des louveteaux. Si l’animal s’approchait — ce qui est très peu probable — il faut faire du bruit et de grands gestes. Toute observation peut être signalée au Réseau Loup, qui centralise et analyse les indices de présence.

    En guise de conclusion, Amir ouvre une réflexion plus large. Le retour du loup nous rappelle que l’être humain n’est pas seul sur Terre. Dans un pays petit, densément peuplé et quadrillé de routes, la question se pose : comment laisser une place au sauvage à nos côtés ? Une interrogation profonde, qui dépasse largement le cadre de cette chronique… mais qui mérite d’être posée.
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  • Connexion Nature – Le retour du loup en Belgique (1re partie)
    Jan 18 2026
    Animal mythique, redouté autant que fantasmé, le loup signe depuis quelques années un retour discret mais bien réel en Belgique. Dans cette première partie de Connexion Nature, Amir nous invite à dépasser les peurs ancestrales pour mieux comprendre ce grand prédateur, absent de nos paysages depuis plus de cent ans.

    Pourchassé pendant des siècles, le loup avait totalement disparu de notre territoire. Pourtant, depuis 2016, des loups dits « dispersants » ont commencé à traverser la Belgique. Leur installation durable débute en 2018, marquant le retour officiel de l’espèce dans notre pays. Un retour 100 % naturel, sans réintroduction humaine. Les loups proviennent principalement des populations italiennes — notamment des Abruzzes — et de celles venues d’Europe de l’Est, comme l’Allemagne ou la Pologne. La Belgique, située à la jonction de ces deux grands axes de recolonisation, était une étape inévitable.

    Physiquement, le loup est un membre de la famille des canidés. Il mesure environ 65 à 70 centimètres au garrot, pèse en moyenne 30 kilos et présente un pelage variable, du brun au gris, parfois noir ou blanc selon les populations. Sa silhouette est reconnaissable à sa queue courte, son masque facial clair et ses oreilles dressées.

    Mais c’est surtout son organisation sociale qui fascine. Le loup vit en meute, structurée autour d’un couple reproducteur, souvent appelé couple « alpha ». Ce duo assure la cohésion du groupe, la défense du territoire et l’éducation des jeunes. Les portées comptent généralement entre 4 et 8 louveteaux, nés au printemps.

    Vers l’âge de deux ans, les jeunes quittent la meute. Ils deviennent alors des loups dispersants, parcourant parfois des centaines de kilomètres à la recherche d’un territoire libre et d’un partenaire. Cette phase est la plus risquée de leur vie : en Belgique, les routes représentent aujourd’hui la principale cause de mortalité chez les loups.

    Carnivore opportuniste, le loup s’adapte à son environnement. Il peut consommer de petites proies comme des campagnols ou des lièvres, se nourrir de charognes, mais reste avant tout un prédateur naturel des grands ongulés sauvages : chevreuils, cerfs et sangliers. La taille de son territoire dépend directement de l’abondance de ces proies et varie généralement entre 150 et 400 km² par meute.

    En 2024, trois meutes permanentes ont été confirmées en Belgique, toutes à l’est du pays. En septembre 2025, un couple s’est installé dans la forêt d’Anlier, suivi en décembre 2025 par un autre couple dans le massif forestier de Saint-Hubert. Des signes clairs que le loup retrouve progressivement sa place dans nos écosystèmes.

    Une chronique passionnante, première étape d’un sujet sensible et essentiel, qui invite à regarder le loup non comme une menace, mais comme un acteur clé du vivant.
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    4 mins
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